Hygge : plus de vélos, plus de bougies
Le hygge est souvent présenté comme une accumulation de symboles : des bougies, des plaids, une lumière douce, un café chaud posé sur une table en bois clair. Ces images ne sont pas fausses, mais elles ne racontent qu’une partie de l’histoire.
Car le hygge, au Danemark, n’est pas une esthétique. C’est une manière d’habiter le temps, de traverser les journées sans chercher à les remplir à tout prix. Une façon d’accepter que tout ne soit pas productif, utile ou optimisé.
Ralentir, ici, n’est pas un effort.
C’est un état.
Dans un pays pourtant très organisé, exigeant et structuré, le hygge agit comme un contrepoids. Il crée des espaces où l’on peut s’arrêter sans culpabiliser, où le silence est autorisé, où le temps long n’est pas perçu comme une perte.
On ne cherche pas à faire plus.
On cherche à faire juste.
Une culture du suffisant
Le hygge ne promet pas le bonheur permanent. Il ne nie pas les difficultés, ni la fatigue, ni les saisons plus sombres. Il propose autre chose : une forme de suffisance, un confort émotionnel qui permet de traverser sans se durcir.
Il s’incarne dans des moments simples, souvent partagés. Un dîner sans enjeu. Une conversation qui s’étire. Une soirée sans programme précis.
Rien d’exceptionnel.
Mais tout est là.
Cette approche du quotidien permet de relâcher la pression. De ne pas tout transformer en projet. De ne pas faire de chaque instant une performance.
Le Danemark, et nous
Le hygge n’est pas qu’une idée lointaine pour nous. Il s’est installé progressivement dans notre quotidien. Avec mon mari, nous avons un lien particulier avec le Danemark. C’est un pays que nous aimons profondément, et qui occupe une place spéciale dans notre histoire : c’était notre voyage de noces.
Depuis, certaines habitudes sont restées. Ralentir le soir. Créer une atmosphère douce. Accepter que tout ne soit pas utile ou rentable.
Et oui, cela passe aussi par une consommation assumée de bougies.
Sacré budget, d’ailleurs.
Mais un budget émotionnel que l’on assume pleinement.
Chez nous, le hygge n’est pas une décoration. C’est une ambiance. Une façon de se retrouver, de se poser, de faire moins mais ensemble. Une parenthèse quotidienne dans un monde qui accélère sans cesse.
Hygge et super slow
Le hygge résonne profondément avec ce que j’appelle Le super slow. Il ne s’agit pas de ralentir pour ralentir, ni de se retirer du monde. Il s’agit de choisir son rythme, de préserver son énergie, de créer des espaces de respiration dans des vies souvent trop pleines.
Ralentir, ici, n’est pas un renoncement. C’est une lucidité.